Claire, maman d’un garçon allergique aux protéines de laits animaux

témoignage de Claire mieux vivre avec l'allergie
témoignage d'une maman avec un enfant allergique

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Claire, je suis professeure des écoles à Lyon et j’ai 2 enfants : une fille de 8 ans et un garçon de 6 ans.

Quelle est ou quelles sont les allergies de ton ou de tes enfants ?

Ma fille n’a pas d’allergie, mais mon fils est intolérant aux protéines de lait de vache, et aux autres laits animaux.

Quand et comment la ou les allergies de ton enfant ont-elles été diagnostiquées ?

Cela a été diagnostiqué vers ses 3 ans donc tardivement. Notre pédiatre nous disait que les signes d’une APLV étaient le manque d’appétit et les problèmes de sommeil. Or, il mangeait très bien et dormait très bien.
Ses premiers symptômes ont été des crises d’asthmes du nourrisson vers ses 6 mois. Il a été traité par cortisone. Il a aussi eu de l’eczéma traité par corticoïdes. Il a enchainé avec des conjonctivites. Notre pédiatre continuait à le traiter par antibiotique, corticoïdes, sans arrêt. On a consulté d’autres médecins : des pneumopediatres, des allergologues, et aucun ne nous donnait le bon diagnostic. Au bout d’un moment, peu avant ses 3 ans, on en a eu marre, et je suis allée voir un homéopathe conseillé par une amie, qui nous a dit : « Vous êtes en train de rouler sur l’autoroute avec votre frein à main, est-ce que vous vous en rendez compte ? Votre fils a un problème, il va falloir trouver ce qu’il a ». Il nous a donc prescrit toute une batterie de tests qui ont enfin posé le diagnostic de l’APLV.

Quelles ont été les premières actions à mettre en place pour qu’il aille mieux ?

L’éviction totale ! Nous avons dû faire une éviction totale de tous les aliments auxquels nous pensions qu’il réagissait pendant 5 mois dont le riz, le maïs, la pomme de terre et le lait notamment. Nous lui avons donné des probiotiques pour reformer toute sa flore intestinale. Et il a également eu un traitement homéopathique.
Au bout des 5 mois, nous avons commencé à réintroduire doucement aliment par aliment pour voir comment il réagissait.

Comment va-t-il aujourd’hui ?

Aujourd’hui, il va mieux et il a un certain seuil de tolérance. Du coup, on lui donne un produit laitier par jour, quelques fois 2 mais jamais plus car on sait qu’ensuite il va le payer. Très souvent, on sait qu’à la cantine, il va avoir droit à au moins un yaourt, donc le soir il n’a rien pour ne pas provoquer de réactions.
Mon fils consomme principalement du lait d’amande au chocolat. Il consomme aussi parfois du lait de soja. Et au début il prenait du lait de coco mais il n’aimait pas trop.

As-tu des astuces qui ont soulagé ton fils lors de ses crises ?

Alors moi, mon médecin homéopathe m’a donné une super astuce simple et pas chère pour soulager son eczéma. Tu prends un collant ou un bas en nylon, tu le remplis avec des flocons d’avoine et tu le mets dans son bain. Cela fait comme du lait d’avoine et c’est franchement magique pour apaiser les crises. (NB : à ne surtout pas faire si votre enfant réagit au gluten).

Comment procèdes-tu aujourd’hui pour trouver des produits que ton enfant peut manger ?

Le gros de mes courses, je les fais en grande surface. Et ensuite je complète dans les magasins locaux pour les fruits et légumes, et enfin magasin bio pour des aliments spécifiques pour mon fils.
Je cuisine quasiment tout à la maison. Par contre, j’achète encore beaucoup de gâteaux et ce n’est pas évident de trouver des produits sans lait et qui restent sains, non remplacés par de l’huile de palme. Et surtout ce n’est pas simple de lui offrir du choix.
Au départ, je passais beaucoup de temps à lire les étiquettes. Et aujourd’hui je prends toujours les mêmes produits car je connais les produits qu’il peut manger et je suis ma liste habituelle.

Quels sont les produits que tu recherches et que tu as du mal à trouver ?

Du choix pour les gâteaux, et du lait d’avoine au chocolat. C’est son préféré et j’ai toujours du mal à en trouver. J’aimerais aussi trouver plus de produits sans lait de soja.

Que penses-tu du projet Happy Lolie ?

C’est un super projet qui répond pleinement à mes besoins. L’ inconvénient quand on a un enfant intolérant ou allergique c’est le temps passé à se renseigner sur les produits qu’il peut consommer alors avoir un site internet qui le fait pour nous en sélectionnant les aliments c’est un gain de temps énorme. Je suis enthousiaste à l’idée de proposer à mon fils plein de nouvelles choses à goûter !

Cookies sans gluten, sans lait et sans oeufs

recette cookie sans gluten et sans oeufs
Cookies sans gluten, sans lait et sans oeufs

Préparation

10 mins

Article_recette

Temps de cuisson

15 mins

Article_recette

Nbre de parts

10 cookies

Cookies sans gluten, sans lait et sans oeufs

Difficulté

Facile

recette cookie sans gluten et sans oeufs

Ingrédients

100g margarine végétale
60g de compote de pommes sans sucres ajoutés
120g de cassonade
100g de farine de pois chiches
70g de poudre d’amandes
1 cuillère à café de levure chimique
130g de chocolat noir ou de chocolat à base de lait de riz

Cookies sans gluten, sans lait et sans oeufs
Cookies sans gluten, sans lait et sans oeufs
Cookies sans gluten, sans lait et sans oeufs

Étape 1

Préchauffer le four à 180°C.
Battre l’ensemble des ingrédients dans un saladier.

Étape 2

Former des petites boules avec la pâte, sur la plaque du four recouverte de papier cuisson.
Enfourner pour environ 20 minutes.

Moelleux à la framboise sans lait (et option sans gluten)

recette Moelleux à la framboise sans lait pour allergique
Moelleux à la framboise sans lait (et option sans gluten)

Préparation

10 mins

Article_recette

Temps de cuisson

30 mins

Article_recette

Nbre de parts

10 muffins

Moelleux à la framboise sans lait (et option sans gluten)

Difficulté

Facile

recette Moelleux à la framboise sans lait pour allergique

Ingrédients

4 oeufs
110 g de compote de pommes sans sucres ajoutés
50 g de sirop d’agave
130 g de farine de blé (ou farine de riz si le Gluten n’est pas toléré)
40 g de poudre de noisettes
6 g de levure chimique
1 pincée de sel
110 g de framboises surgelées

Moelleux à la framboise sans lait (et option sans gluten)
Moelleux à la framboise sans lait (et option sans gluten)

Étape 1

Préchauffer le four à 180°.
Dans un saladier, ajouter les oeufs, la compote, et le sirop d’agave. Bien mélanger.
Ajouter la farine, la poudre de noisettes, la levure et le sel. Mélanger de nouveau, puis ajouter les framboises surgelées.

Étape 2

Verser la pâte dans les moules à muffins. Enfourner pendant 25 minutes environ.

Pourquoi est-il si difficile d’avoir le bon diagnostic concernant les allergies alimentaires ?

diagnostic des allergies alimentaires

Diagnostic de l’allergie alimentaire

Une question revient très souvent sur les réseaux sociaux ou les forums de discussion :
  • Mon enfant fait de l’eczema, est-il allergique ?
  • Mon enfant a une grosse crise d’urticaire, est-il allergique ?
  • Mon enfant fait des bronchiolites à répétition, est-il allergique ?
  • Mon enfant a les yeux gonflés et rouges, est-il allergique ?
  • Mon enfant dort mal, est-il allergique ?

Pourquoi cette question revient elle aussi souvent ? Est-il si compliqué de diagnostiquer la ou les allergies ? Les progrès de la médecine sont fulgurants en tout domaine, alors pourquoi le diagnostic de l’allergie est-il si difficile ? Et bien tout simplement car il existe autant de réactions allergiques possibles que d’enfants différents. Les réactions allergiques peuvent varier en fonction du type d’allergie, en fonction de l’allergène, en fonction de la quantité d’allergène avalée, en fonction de l’état de santé de son enfant à un instant T. Un enfant peut aussi réagir d’une certaine façon en étant bébé, puis ses symptômes vont prendre une autre forme en grandissant. Bref, les réactions peuvent être multiples et évoluer dans le temps.

comment diagnostiquer allergie alimentaire chez l'endant

Les manifestations allergiques peuvent avoir différents degrés de sévérité :

En dehors du choc anaphylactique et de l’oedeme de quincke qui ne laissent pas de place aux doutes, ces réactions sont souvent prises pour des maladies classiques infantiles : gastroentérite, rhinite, conjonctivite, eczema du nourrisson. Les médecins préfèrent en général écarter ces maladies avant d’en arriver à la suspicion d’allergie. Et puis, il est vrai que beaucoup de médecins ne sont pas formés au panel global de symptômes et de conséquences qu’entraînent les allergies. L’allergie et toutes ses formes ne cessent de progresser : en nombre, en conséquences graves et prend différentes formes. Une mise à jour fréquente et régulière est nécessaire pour les médecins pour se tenir à jour des dernières règles ou études sur le sujet. Par exemple, en 2017, l’ANSM (Agence nationale de Sécurité du Medicament) a diffusé à l’ensemble des professionnels médicaux une note les informant de ne surtout pas utiliser les vaccins contenant du lactose pour les enfants APLV. Pourtant, rares sont ceux ayant connaissance de cette note, et des erreurs fréquentes arrivent…

Comment diagnostiquer une allergie alimentaire ?

La pose du bon diagnostic peut parfois prendre de nombreux mois, voire années pour certains. Il arrive aussi malheureusement parfois que certains médecins ne croient pas la maman ou pensent qu’elle exagère, ce qui peut parfois repousser encore le diagnostic. Vous allez me dire, oui mais des tests existent ! Oui, en effet, plusieurs tests existent. Vous en trouverez le détail ici. Seulement, il arrive, notamment pour les allergies retardées que ces tests soient négatifs.

Pourtant votre enfant est bien allergique et vomit en jet ou déclare une otite à chaque ingestion de l’allergène. Dans ces cas-là, fréquents, il s’agit de faux négatifs et seule la clinique compte : votre enfant mange des œufs, il réagit ; votre enfant ne mange pas d’œufs, il ne réagit plus : bilan votre enfant présente bien une forme d’allergie à l’œuf.

En présence de tests tous négatifs, il peut être intéressant d’établir un carnet de bord alimentaire : noter tout ce que votre enfant mange et quelles sont les réactions au quotidien. Ce travail, certes, fastidieux peut vraiment vous aider à déceler l’aliment qui pose problème et aider le médecin dans son diagnostic.

Les paniers repas et l’organisation à mettre en place

projet d'accueil individualisé et enfant allergique

Lors de la mise en place d’un PAI (Projet d’Accueil Individualisé), il n’est pas rare que la collectivité ne puisse répondre aux contraintes des allergies alimentaires de nos enfants. Soit elle n’a pas les moyens techniques d’assurer sa sécurité, soit elle n’a pas les ressources pour assurer des repas différents pour chaque enfant allergique de l’école ou de la crèche. Dans ces cas-là, il est alors demandé à nous, parents, de fournir les repas de nos enfants, et de les faire parvenir chaque jour à la collectivité.

mettre en place un PAI à l'école

Les conséquences sur l’organisation

Soyons honnêtes, si nos enfants mangent à la cantine ou à la crèche, il y a bien un point où nous sommes toutes d’accord : nous sommes déchargées d’au moins 4 repas dans la semaine, et c’est plutôt agréable ! Sans compter les allers retours à répétition, mais ça c’est un autre sujet ! Or, si la collectivité n’est pas en mesure de fournir un repas sans allergène à notre ou nos enfants, c’est à nous de bosser. Bilan, il faut cuisiner les repas pour son enfant en quantité suffisante. Faire en sorte que ces repas se conservent bien, se transportent facilement, et surtout faire en sorte que son enfant les aime car il n’y aura pas de substitut possible le jour J.

Concrètement, comment cela se passe-t-il ?

Tout dépend des mamans et de l’organisation de chacune d’entre nous. Certaines vont tout préparer le week-end, pour en congeler une partie et ne pas être impactée par cette tâche supplémentaire les soirs de semaine. D’autres vont faire le repas du soir et prévoir une portion supplémentaire pour le déjeuner du lendemain. D’autres encore vont « copier » les menus de la cantine au plus près pour que leurs enfants ne se retrouvent pas en marge avec un plat différent des autres enfants.

Une fois ces repas cuisinés, il convient ensuite de veiller à leur utilisation et leur conservation. En effet, il faut prévoir des boîtes isothermes, tupperware, inox pour remplacer l’assiette. Et oui, avez-vous déjà essayé de transporter une assiette facilement ? Ca y est vous visualisez la scène ? Donc oui, il faut trouver une boîte de type lunch box pour mettre l’entrée, le plat, le dessert.

Ensuite, il faut trouver une mini glacière pour conserver vos plats lors du transport, et des fois pour la journée si la cuisine de la cantine ne met pas à disposition un frigo. Enfin, vous pouvez avoir à nouveau besoin d’une nouvelle boîte ou une pochette pour prévoir le goûter de votre enfant.

Et dans quoi mettons-nous 2 boîtes minimum, une mini glacière et éventuellement des couverts pour éviter les risques de contamination ? Vous avez compris, il faut aussi prévoir un sac de transport ! La mini glacière peut aussi convenir selon la taille que vous avez trouvée, mais souvent pour des raisons pratiques, un sac vous aidera mieux.

Arrivée à l’école ou à la crèche, que faites-vous de tout ça ? Et bien vous avez vu lors de votre réunion de mise en place du PAI, comment procéder. Est-ce que vous le confiez au professeur de votre enfant (déconseillé car il ne gère pas le temps du déjeuner). Est-ce que vous avez la possibilité d’aller directement le poser dans le frigo de la cantine s’il y en a un ? Est-ce que vous le confiez au directeur/directrice d’école/crèche ? A une personne des temps périscolaires ? Autant de questions à définir dès le démarrage et qui dans tous les cas auront aussi un impact de quelques minutes sur votre organisation le matin pour « livrer » le repas de votre ou vos enfants. Prévoyez de mettre le réveil quelques minutes plus tôt pour avoir le temps de confier le repas de votre enfant à la bonne personne, au bon endroit.

Les conséquences sur la sociabilisation

Nous l’avons abordé rapidement ci-dessus. Ne pas manger la même chose que ses petits camarades peut provoquer chez votre enfant le sentiment d’être différent. Nous savons pourtant bien à quel point à cet âge-là, le besoin d’être comme tout le monde est important. C’est pourquoi beaucoup de mamans calquent leurs repas pour leur petit allergique à ceux de la cantine ou de la crèche. Ainsi, plus de sentiment d’exclusion, votre petit est comme ses petits camarades. Maintenant, il n’est pas toujours simple et évident de se conformer aux repas préétablis. Déjà, il peut y avoir des changements de dernière minute au niveau de la collectivité. Vous n’aurez peut-être pas tous les ingrédients nécessaires ou bien tout simplement pas les compétences pour faire le repas indiqué.

Une autre conséquence sur la sociabilisation possible vient de l’attitude de certaines collectivités. En effet, pour être sûre d’éviter toute contamination avec les autres enfants, le personnel de cantine peut décider de faire manger notre enfant allergique alimentaire à une table à part, sans ses camarades. Bien entendu, je ne pense pas qu’il soit la peine d’expliquer les conséquences que le fait de ne pas manger avec ses camarades et de manger à l’écart des copains peuvent avoir. Je comprends complètement la peur des collectivités sur un possible risque de décès. Mais si le PAI est respecté et les mesures sont bien suivies, il est vraiment important de ne pas provoquer un sentiment d’exclusion chez l’enfant allergique, qui déjà ne peut pas manger les mêmes aliments que ses copains, et n’aura jamais la même spontanéité face à l’alimentation que les autres enfants.

Allergie alimentaire : La gestion du risque

Est-il besoin de le préciser, tellement cela nous semble évident… Nous confions le soin de nourrir notre enfant à une autre personne, physique ou morale. Vous confiez non seulement votre enfant, mais aussi la gestion du risque d’ingestion accidentelle d’un allergène. Le problème bien entendu ne sera pas de savoir s’il a bien mangé, s’il a terminé son assiette ou de savoir si son repas était équilibré. Non, le problème sera tous les jours d’avoir peur que notre enfant mange un aliment allergène pour lui. Cette crainte est totalement légitime et le maître mot de votre relation avec la collectivité sera bien sûr la confiance. Si vous n’avez pas confiance, votre enfant le ressentira, la collectivité le ressentira, et les relations entre vous seront très certainement compliquées à gérer au quotidien. Surtout que si vous n’avez pas confiance, vous avez très certainement vos raisons, et peut-être vaut-il mieux essayer de trouver une solution alternative.

Si la confiance est au rendez-vous, alors vous pourrez confier votre enfant sans crainte quotidienne, sans sursaut à chaque fois que le téléphone sonne et en toute sérénité. Pour instaurer cette confiance, il est primordial d’instaurer le PAI au plus tôt et que chaque règle soit claire et respectée, par toutes les parties prenantes.

L’introduction alimentaire et le journal alimentaire

carnet alimentaire - vivre avec l'allergie au quotidien

Nous avons déjà abordé dans un article la difficulté de poser le bon diagnostic de l’allergie alimentaire. Les différentes formes d’allergies, les différents types de réaction, leur évolution dans le temps et le manque de formation de certains soignants font qu’il est parfois difficile de poser le diagnostic juste, et que celui-ci peut prendre du temps à être défini. Il n’est pas rare en effet que certains enfants ne soient diagnostiqués qu’au bout de 2, 3, 5 ans ou voire même plus.

Happy Lolie - journal alimentaire

Le journal de bord alimentaire pour repérer les allergies, intolérances et troubles digestifs

Pour pallier à cela, certains médecins conseillent la tenue d’un journal alimentaire. En effet, nous avons également déjà vu qu’il arrive que tous les tests soient négatifs, alors que l’allergie est bien présente. Le journal alimentaire va servir à plusieurs choses : évaluer le degré des réactions allergiques, et surtout connaître les aliments allergènes.

Si suspicion d’allergie il y a avant l’introduction d’aliments solides (aux alentours des 6 mois de bébé), il est possible de commencer la tenue du journal alimentaire dès cette étape importante de la vie du bébé. Il est aussi possible bien entendu de démarrer la tenue de ce journal alimentaire à n’importe quel moment de la vie pour confirmer ou infirmer des doutes. Si vous allaitez exclusivement votre enfant, alors ce journal alimentaire doit se faire en fonction de ce que vous mangez. Si votre enfant est allaité et mange aussi du solide, il faut alors rentrer les informations concernant votre alimentation ET celle de votre enfant.

Comment tenir un journal de bord alimentaire ?

Très bien mais alors comment fait-on ? C’est très simple, vous devez tout noter, absolument tout ! Vous pouvez le faire manuellement, ou bien le faire via un tableau excel. Je vous en propose un modèle ici. Vous devez non seulement noter tout ce que votre enfant ingère mais bien entendu aussi ses réactions : a-t-il une éruption cutanée ? Dort-il moins bien ? Vomit-il ? Fait-il une otite à chaque fois qu’il mange des œufs ?

Lorsque vous démarrez l’introduction d’aliments solides pour votre bébé et qu’il y a des suspicions d’allergies, il est très important d’y aller doucement. Commencez par introduire un aliment. Attendez quelques jours pour s’assurer qu’aucune réaction n’est présente, puis essayez un 2e aliment, etc. En effet, en cas d’allergie retardée, il n’est pas rare de voir des réactions allergiques jusqu’à 96h après l’ingestion.

Quelles autres informations faut-il reporter dans le journal alimentaire ?

Il est bien entendu aussi nécessaire de noter tous médicaments donnés à votre enfant car des réactions à des médicaments sont aussi possibles, ou bien à des composants de médicaments.

Le journal alimentaire doit être fait pendant plusieurs semaines consécutives (minimum 3 semaines : durée au bout de laquelle les effets de l’allergène s’estompent), voire plusieurs mois (je vous conseille 3 mois minimum). Cela vous permettra d’y voir plus clair sur les aliments allergènes, les réactions ou non de votre enfant. Cela pourra aussi vous permettre de voir des pattern s’il y a polyallergie avec de possibles allergies croisées. Pour être plus claire, je vais vous donner un exemple : l’allergie au latex est une allergie méconnue, mais qui a de nombreux allergènes croisés : banane, melon, kiwi entre autres. Grâce à votre journal alimentaire, vous avez peut-être décelé des réactions à ces fruits. Il est alors important de vérifier une possible allergie au latex, qui peut s’avérer très dangereuse surtout en cas d’hospitalisation dans un milieu où le latex est très utilisé.

La tenue de ce journal alimentaire peut paraître très fastidieuse et contraignante, mais au final elle sera pour vous un réel allié et un réel facilitateur dans la détection et la gestion des allergies de votre enfant.

Les différentes réactions à une allergie alimentaire : cutanées, respiratoires, digestives, etc.

type de réaction d'une allergie alimentaire

Nous l’avons déjà abordé dans cet article sur les différents types d’allergies alimentaires. Qui dit différentes formes allergiques, dit aussi différentes réactions physiques. Les symptômes d’une allergie alimentaire apparaissent après l’ingestion. Ces symptômes peuvent aller de l’eczéma, les troubles digestifs, l’asthme à des réactions plus sévères à soigner sans attendre. Nous pouvons essayer de les classer dans 3 grandes catégories :

  • Les manifestations respiratoires
  • Les manifestations cutanées
  • Les manifestations digestives
allergie alimentaire et intolérance symptôme

Les symptômes d’une allergie alimentaire :

Les manifestations symptomatiques peuvent impacter tous les organes chez l’enfant et chez l’adulte. Les symptômes ne sont pas uniquement localisés et d’autres manifestations peuvent être observables : léthargie, pâleur… Les allergies alimentaires sont gênantes voire dangereuses si elles ne sont pas identifiées et traitées correctement.

Commençons par les manifestations respiratoires :

Peu importe que l’allergie soit immédiate ou retardée, les manifestations suite à l’ingestion d’un aliment allergène peuvent être respiratoires : rhinite, toux, asthme, otite, bronchiolite… Il arrive même que votre enfant fasse de la température en réaction à la prise d’un aliment. Ces manifestations peuvent être assez légères si l’allergie n’est pas sévère, tout en restant perturbantes pour l’enfant.

Lorsqu’un bébé est APLV (Allergique aux Protéines de Lait de Vache) par exemple, un des signes respiratoires alertant la famille ou les médecins est la présence de bronchiolites ou d’otites à répétition. Quand on est confronté à cette situation et que le diagnostic allergique n’a pas été posé, il peut être intéressant de vérifier cette hypothèse. Il est vrai que pour une allergie alimentaire, la réaction la plus fréquemment évoquée est la réaction cutanée (eczema, urticaire autour de la bouche par exemple). Pourtant, ces signaux respiratoires à répétition doivent alerter et orienter vers la recherche d’allergies.

D’ailleurs, il est à noter que l’allergie aux protéines de lait de vache (APLV) peut disparaître dans les premières années de l’enfance et se transformer en allergie respiratoire. En effet, il n’est pas rare de voir des bébés APLV devenir allergique aux acariens par exemple.

Bien entendu le déclenchement de ces manifestations respiratoires est les prémices de ce qui peut ensuite se transformer en choc anaphylactique. Il convient donc de bien être préparé lorsque ces signes démarrent et de savoir les repérer. En effet, la première chose pouvant soulager l’enfant en début de crise est l’administration d’un anti-histaminique et l’inhalation de ventoline pour lui permettre de respirer plus facilement, notamment en cas de crise d’asthme. Si les symptômes persistent après ces premiers soins, n’hésitez pas à vous rendre à l’hôpital, voire même si la crise est trop forte et que votre enfant s’étouffe, à lui injecter la piqure d’adrénaline immédiatement. Nous reviendrons prochainement dans un nouvel article sur les différents traitements possibles, le choc anaphylactique et l’injection d’adrénaline.

Les manifestations cutanées :

Les manifestations cutanées en cas de réactions allergiques sont les manifestations les plus souvent évoquées : eczéma, crise d’urticaire. A ces réactions « simples » s’ajoute l’œdème de Quincke qui lui peut avoir des conséquences plus graves si non pris en charge rapidement.

L’eczéma, qu’on appelle aussi dermatite atopique, peut survenir sans allergie alimentaire bien sûr. Mais c’est un facteur assez fréquent et révélateur d’une crise allergique. Si cette réaction est associée à des manifestations respiratoires et/ou digestives, n’hésitez pas, creusez la piste de l’allergie alimentaire.
Plusieurs crèmes existent pour soulager l’eczéma. Je vous recommande d’en parler à votre docteur ou à votre pharmacien dans ce cas. Lorsque la crise est trop forte, il y a aussi des crèmes à base de corticoïdes qui peuvent être très efficaces. Là aussi, demandez conseil à votre médecin. Enfin, il existe des méthodes plus douces ou plus naturelles, quelques astuces qui ne se substituent pas aux conseils d’un médecin et dont je parlerai très prochainement.

La crise d’urticaire est une manifestation cutanée qui se caractérise par l’apparition de plaques rouges qui font penser à des piqures d’orties. Elles sont très dérangeantes pour l’enfant car elles grattent, elles grattent beaucoup ! La crise d’urticaire peut durer quelques minutes comme plusieurs heures. D’apparence bénigne, il convient tout de même de la surveiller car cela peut atteindre les muqueuses, puis le larynx et engendrer un œdème de Quincke.
Comment soulager une crise d’urticaire ? N’hésitez pas à administrer un antihistaminique qui pourra faire diminuer l’intensité de la crise plus rapidement. Quelques crèmes existent aussi mais leur impact est limité. Si le visage est atteint, contactez votre médecin (voire l’hôpital) rapidement pour savoir quelle attitude adopter et éviter l’œdème.
Quelques solutions d’apaisement existent aussi, j’y reviendrai aussi, mais elles ne remplacent pas les traitements prescrits par les médecins.

L’œdème de Quincke correspond à un gonflement de la peau. Dans le cadre d’une allergie alimentaire, l’œdème a souvent lieu au niveau du visage et peut atteindre les organes respiratoires. (Contrairement aux œdèmes provoqués par une piqure d’insecte sur le bras par exemple). Dans ce cas, le risque vital est engagé et il faut agir vite. En effet, le gonflement des muqueuses au niveau du larynx va empêcher l’air de passer et donc empêcher votre enfant de respirer. Là aussi, cet œdème peut être associé à un choc anaphylactique, donc la préparation à cette éventualité est essentielle. Le seul traitement d’urgence indispensable est la piqure d’adrénaline, qui peut être associée à un antihistaminique et/ou à des corticoïdes.

Les manifestations digestives :

Signe très courant pour les enfants APLV notamment, le fameux Reflux Gastro œsophagien (RGO). Beaucoup de bébés présentent un reflux ou des régurgitations. En effet, la position allongée des tout petits ou l’immaturité du système digestif peuvent en être les raisons, et cela disparaîtra très souvent lors de la diversification, ou dès que bébé commencera à se tenir assis. Néanmoins, dès l’instant où ce reflux devient systématique et s’accompagne de régurgitations douloureuses, avec quelques fois aussi une cassure de la courbe de poids, il est probable que cela soit liée à une allergie alimentaire. Commencez l’éviction et vous verrez si le reflux diminue et si votre enfant est moins douloureux. Si toutefois l’éviction arrive un peu trop tard, il se peut que l’œsophage de votre bébé ait déjà été trop endommagé et qu’il souffre d’une œsophagite. Votre médecin vous indiquera alors la marche à suivre et quel traitement donner à votre enfant, tout en poursuivant l’éviction de l’allergène bien entendu.

Chez les nourrissons, tout le monde a déjà entendu parler des fameuses coliques du nourrisson. Tout le monde nous dit que c’est normal, que cette phase passera, souvent aux alentours des 3 mois de vie car ces coliques sont le signe d’une immaturité digestive. Oui, peut-être, mais ces coliques à répétition dès tout petit, associées ou non à d’autres symptômes, et dépassant ou non les 3 mois peuvent vous alerter sur de potentielles allergies alimentaires. Non, un bébé n’est pas censé se tordre de douleurs toute la journée pendant 3 mois. Faites confiance à votre instinct de maman et si vous trouvez que les réactions de votre enfant ne sont pas normales, parlez-en avec votre médecin. Faites un régime d’éviction des PLV par exemple et vous pourrez ensuite adapter la marche à suivre.

Du classique mal de ventre, en passant par la diarrhée, jusqu’aux vomissements en jets, les autres signes digestifs sont nombreux et très fréquents en cas d’allergies. Ils peuvent même souvent être confondus avec des gastro-entérites, mais des gastro-entérites à répétition doivent alerter. En cas d’allergie SEIPA, les manifestations digestives sont les plus répandues.

Dans ces cas-là, il n’y a, à priori, pas de risque de choc anaphylactique (sauf si les symptômes sont associés). Néanmoins il y a un fort risque de déshydratation, pouvant provoquer un autre type de choc, appelé choc hypovolémique. Vous avez tenté de réhydrater votre enfant, mais il reste très faible, à la limite du malaise, il convient d’aller à l’hôpital pour le réhydrater et surtout pour lui faire ce qui s’appelle un remplissage cardiaque. En effet, le choc hypovolémique correspond à une baisse du retour sanguin vers le cœur. Or, il faut remettre en route cette mécanique et cela ne peut se faire qu’à l’hôpital. En amont et dès que vous vous apercevez des signes de déshydratation, il convient de donner des corticoïdes et des solutions de réhydratation. Cette pathologie de l’allergie est moins connue par le corps médical « classique », alors n’hésitez pas à en parler à votre médecin pour qu’il se mette en contact avec un allergologue spécialisé. Votre trousse de secours contiendra dans ces cas-là des corticoïdes, et des sachets de réhydratation, ainsi que le plan pour aller à l’hôpital en cas de besoin.

 

Vous l’avez bien compris, les allergies alimentaires peuvent provoquer un nombre important de réactions toutes différentes et néanmoins toutes similaires : le corps de votre enfant vous alerte qu’un élément ingéré perturbe son organisme. En cas de doute, étudiez votre enfant et ses réactions, pensez au journal alimentaire et contactez un allergologue, qui pourra vous aiguiller sur la marche à suivre.

Les différents types d’allergies alimentaires : immédiates, retardées, SEIPA

allergie alimentaire happy Lolie

Il existe plusieurs formes d’allergies et plusieurs types de réactions. Les formes peuvent être associées et les réactions aussi. C’est-à-dire?? C’est-à-dire qu’il est possible de cumuler différents types d’allergies, différentes réactions selon les allergènes ou seulement parce que notre corps en a décidé ainsi.

allergie et intolérance alimentaire

Commençons par les différentes formes d’allergie alimentaire. On peut distinguer 3 grosses catégories :

  • Les allergies IgE (Immunoglobulines) médiées, dites Immédiates
  • Les allergies non IgE médiées, dites retardées
  • Les allergies SEIPA : Syndrome Entérocolite Induite par les Protéines Alimentaires, qui est une sous-catégorie de l’allergie retardée.

Voilà pour la théorie. Dans la pratique, rares sont les cas aussi simples… Il est tout à fait possible d’avoir une allergie retardée, qui est tout de même positive aux IgE médiées. Tout comme il est possible d’avoir une allergie immédiate qui ne ressort pas positive à la prise de sang aux IgE médiées…

Oui mais alors comment fait-on pour savoir quel type d’allergie alimentaire a mon enfant ?

Le tableau clinique (les symptômes) va être primordial pour déterminer le type d’allergie de votre enfant :

  • Votre fils de 3 ans mange une cacahouète. Il commence à s’étouffer, devient blanc, respire difficilement : ne cherchez pas, c’est un choc anaphylactique, faites lui une piqure d’adrénaline, allez à l’hôpital. C’est une allergie immédiate aux arachides. Il a de fortes chances d’avoir une prise de sang positive, mais dans le cas où elle serait négative, le tableau clinique prime. Il présente bien une forme d’allergie immédiate.
  • Votre fille de 6 mois boit pour la 1re fois un biberon de lait infantile. 2h plus tard, elle se met à vomir, est très faible. Ses symptômes ressemblent à ceux d’une gastro-entérite en beaucoup plus rapide. Essayez de la réhydrater au maximum, emmenez là à l’hôpital si elle fait un malaise qu’on appelle le choc hypovolémique. Elle peut avoir des selles très liquides pendant plusieurs jours ou semaines. Votre fille fait une allergie de type SEIPA.
  • Votre fils de 2 mois, allaité, va bien. Vous ne mangez que très peu de produits laitiers. Et pourtant, 2 jours après la raclette que vous avez mangé avec vos amis, il hurle de douleur, fait une crise d’urticaire, et a les yeux tout rouges. Il risque de ressortir négatif de la prise de sang, mais il est bien allergique, probablement de type retardé. De l’eczéma, une otite ou une bronchiolite peut aussi apparaître dans les jours suivants la prise de laitage via votre lait.

Là où les choses se corsent c’est lorsque plusieurs tableaux cliniques se cumulent : un enfant SEIPA, avec des allergies immédiates également par exemple, un enfant en allergie immédiate aux arachides mais retardée au soja, etc… D’où parfois un diagnostic très difficile dans le cas des allergies retardées ou SEIPA, le temps de faire le lien entre un aliment ingéré à un moment donné, et une réaction physique ayant lieu quelques heures ou jours plus tard. 

Je reviens d’ailleurs, dans cet article sur la difficulté du diagnostic allergiqueN’hésitez pas à me faire part de vos commentaires, et expériences !