Convaincre l’entourage des allergies alimentaires de nos enfants

Que celui ou celle qui a déjà eu la remarque : « On peut lui en donner juste un petit peu, ça ne pourra pas lui faire du mal », lève le doigt ! Et oui, depuis mon écran d’ordinateur, je vois beaucoup de doigts levés… Et si quelqu’un ne l’a pas levé, qu’il ou elle me contacte vite, je veux connaître ses proches qui sont vraiment des êtres exceptionnels 😉

Et oui, nous avons déjà abordé ce sujet, mais tout le monde ne connaît pas les allergies alimentaires, les différents niveaux de réactions possibles, les conséquences sur la santé, sur la vie, sur le quotidien, sur le budget, etc. Beaucoup peuvent croire que nous exagérons, que c’est nous qui avons un problème, que nous couvons trop nos enfants. Je vous vois sourire, vous derrière votre écran, oui, vous me comprenez …

vivre avec l'allergie - convaincre notre entourage

A tout cet entourage « bienveillant », que pouvons-nous lui dire ?

Oui, nous couvons nos enfants, car oui, nous ne souhaitons pas qu’il fasse un choc anaphylactique après avoir mangé des M&M’s. Oui, nous couvons nos enfants car nous ne voulons pas qu’il ait mal au ventre pendant 10 jours après avoir mangé une noisette de beurre dans une purée. Oui nous couvons notre enfant car nous ne voulons pas qu’il se gratte pendant des jours après avoir été dans une pièce où du poisson était cuisiné. Pour toutes ces raisons, nous couvons nos enfants, mais comme n’importe quelle maman qui ne veut pas que son enfant soit malade. 

L’allergie alimentaire est méconnue, invisible, et sous-estimée. Ces 3 caractéristiques poussent à une extrême vigilance de la part des parents. Une forte sensibilisation au sujet est nécessaire auprès des personnes pouvant être à même de garder son enfant : grands-parents, oncles et tantes, amis. La confirmation du diagnostic par un professionnel médical aide aussi l’entourage à prendre au sérieux cette maladie invisible. Souvent aussi malheureusement, tant que l’entourage n’a pas été témoin d’une réaction allergique, la gravité de la situation n’a pas été prise en compte. J’ai eu des témoignages de mamans m’indiquant que leur père ou leur belle-mère avait enfin compris l’allergie de leur enfant quand ils ont été témoins du choc anaphylactique de celui-ci. C’est tout de même dommage d’en arriver là pour être pris au sérieux et que tout son entourage soit sensible à la question. Nous n’allons pas provoquer des réactions et jouer avec la santé de nos enfants pour être cru(e)s…

L’autre problème est aussi de bien faire intégrer la problématique allergie alimentaire à son entourage, surtout si vous confiez votre enfant pendant une ou plusieurs journées et que la personne en question devra faire attention à son alimentation pendant plusieurs repas. Il ou elle devra s’assurer à chaque repas de ne pas donner d’allergène à votre enfant. S’assurer donc des compositions des produits achetés, d’éviter les grignotages pris sans surveillance quand ils sont encore petits, etc.. 

Petite anecdote vécue il y a quelques mois

Je vais vous parler d’un exemple personnel. Désolée Belle-maman si vous me lisez mais la situation exprimera parfaitement le point évoqué ci-dessus 😉

J’ai confié ma fille (qui avait alors 18 mois) à ma belle-mère pendant les vacances de la crèche. Je lui donne toujours un papier avec les différents repas à lui donner, traitements médicaux s’il y en a, etc. Normalement, je notais toujours sur le papier : « pas de lait, pas de bœuf, pas de veau ». Ce n’était pas la première fois qu’elle la gardait et donc cette fois si, je me suis dit que le sujet ayant été plusieurs fois abordé, je n’avais plus besoin de le préciser. Je viens récupérer ma fille le soir et demande comment s’est passée la journée. « Très bien m’a-t-elle dit, et à midi elle a dévoré ! Elle a mangé toute son assiette de légumes et s’est régalée avec le rosbeef, j’ai dû l’arrêter ! »

Ma tête s’est décomposée…. Arrêt sur images : «Quoi, vous lui avez donné du rosbeef ???? »

Et là, la prise de conscience de ma belle-mère est arrivée très rapidement et elle a eu très peur…. Je vous passe la suite de la discussion qui s’est bien terminée je vous rassure. Heureusement, les réactions de ma fille au bœuf ne sont pas vitales. Elle a fait une grosse réaction cutanée sur le visage autour de la bouche pendant quelques jours. « L’accident » ne se reproduira plus.

Je vous raconte cette anecdote pour vous dire qu’il faut sans cesse répéter, répéter et encore répéter, au risque encore une fois de passer pour la pénible de service, celle qui couve trop ses enfants… Mais qui a toutes les raisons de le faire.

Pour les réticents, ne leur confiez pas vos enfants… Ne laissez vos enfants qu’à des personnes en qui vous avez toute confiance. Si vous n’avez pas le choix, alors répétez et expliquez les conséquences de l’ingestion d’allergène sur sa santé et son bien-être. Vous pouvez même faire lire à vos proches cette épisode vécu avec ma belle-mère! Nous ne pouvons pas mettre en place de PAI avec les proches, alors il en faut au moins un moral pour que la personne sache bien à quoi elle s’engage. Si vous voulez être serein en laissant votre enfant, il faut vraiment que ce contrat moral soit bien établi. Par exemple, reprenons ma belle-mère, au tout début, elle ne se sentait pas de préparer les repas de ma fille quand je lui confiais. Elle avait trop peur de se tromper. Je lui fournissais donc le tout, même si je m’absentais plusieurs jours. Je préférais cela mille fois plutôt qu’elle me la prenne et ne soit pas en confiance. Aujourd’hui, malgré cet accident « bœuf », et après de nombreuses discussions et explications, je lui laisse ma fille en toute confiance.

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