Les paniers repas et l’organisation à mettre en place

Lors de la mise en place d’un PAI (Projet d’Accueil Individualisé), il n’est pas rare que la collectivité ne puisse répondre aux contraintes des allergies alimentaires de nos enfants. Soit elle n’a pas les moyens techniques d’assurer sa sécurité, soit elle n’a pas les ressources pour assurer des repas différents pour chaque enfant allergique de l’école ou de la crèche. Dans ces cas-là, il est alors demandé à nous, parents, de fournir les repas de nos enfants, et de les faire parvenir chaque jour à la collectivité.

mettre en place un PAI à l'école

Les conséquences sur l’organisation

Soyons honnêtes, si nos enfants mangent à la cantine ou à la crèche, il y a bien un point où nous sommes toutes d’accord : nous sommes déchargées d’au moins 4 repas dans la semaine, et c’est plutôt agréable ! Sans compter les allers retours à répétition, mais ça c’est un autre sujet ! Or, si la collectivité n’est pas en mesure de fournir un repas sans allergène à notre ou nos enfants, c’est à nous de bosser. Bilan, il faut cuisiner les repas pour son enfant en quantité suffisante. Faire en sorte que ces repas se conservent bien, se transportent facilement, et surtout faire en sorte que son enfant les aime car il n’y aura pas de substitut possible le jour J.

Concrètement, comment cela se passe-t-il ?

Tout dépend des mamans et de l’organisation de chacune d’entre nous. Certaines vont tout préparer le week-end, pour en congeler une partie et ne pas être impactée par cette tâche supplémentaire les soirs de semaine. D’autres vont faire le repas du soir et prévoir une portion supplémentaire pour le déjeuner du lendemain. D’autres encore vont « copier » les menus de la cantine au plus près pour que leurs enfants ne se retrouvent pas en marge avec un plat différent des autres enfants.

Une fois ces repas cuisinés, il convient ensuite de veiller à leur utilisation et leur conservation. En effet, il faut prévoir des boîtes isothermes, tupperware, inox pour remplacer l’assiette. Et oui, avez-vous déjà essayé de transporter une assiette facilement ? Ca y est vous visualisez la scène ? Donc oui, il faut trouver une boîte de type lunch box pour mettre l’entrée, le plat, le dessert.

Ensuite, il faut trouver une mini glacière pour conserver vos plats lors du transport, et des fois pour la journée si la cuisine de la cantine ne met pas à disposition un frigo. Enfin, vous pouvez avoir à nouveau besoin d’une nouvelle boîte ou une pochette pour prévoir le goûter de votre enfant.

Et dans quoi mettons-nous 2 boîtes minimum, une mini glacière et éventuellement des couverts pour éviter les risques de contamination ? Vous avez compris, il faut aussi prévoir un sac de transport ! La mini glacière peut aussi convenir selon la taille que vous avez trouvée, mais souvent pour des raisons pratiques, un sac vous aidera mieux.

Arrivée à l’école ou à la crèche, que faites-vous de tout ça ? Et bien vous avez vu lors de votre réunion de mise en place du PAI, comment procéder. Est-ce que vous le confiez au professeur de votre enfant (déconseillé car il ne gère pas le temps du déjeuner). Est-ce que vous avez la possibilité d’aller directement le poser dans le frigo de la cantine s’il y en a un ? Est-ce que vous le confiez au directeur/directrice d’école/crèche ? A une personne des temps périscolaires ? Autant de questions à définir dès le démarrage et qui dans tous les cas auront aussi un impact de quelques minutes sur votre organisation le matin pour « livrer » le repas de votre ou vos enfants. Prévoyez de mettre le réveil quelques minutes plus tôt pour avoir le temps de confier le repas de votre enfant à la bonne personne, au bon endroit.

Les conséquences sur la sociabilisation

Nous l’avons abordé rapidement ci-dessus. Ne pas manger la même chose que ses petits camarades peut provoquer chez votre enfant le sentiment d’être différent. Nous savons pourtant bien à quel point à cet âge-là, le besoin d’être comme tout le monde est important. C’est pourquoi beaucoup de mamans calquent leurs repas pour leur petit allergique à ceux de la cantine ou de la crèche. Ainsi, plus de sentiment d’exclusion, votre petit est comme ses petits camarades. Maintenant, il n’est pas toujours simple et évident de se conformer aux repas préétablis. Déjà, il peut y avoir des changements de dernière minute au niveau de la collectivité. Vous n’aurez peut-être pas tous les ingrédients nécessaires ou bien tout simplement pas les compétences pour faire le repas indiqué.

Une autre conséquence sur la sociabilisation possible vient de l’attitude de certaines collectivités. En effet, pour être sûre d’éviter toute contamination avec les autres enfants, le personnel de cantine peut décider de faire manger notre enfant allergique alimentaire à une table à part, sans ses camarades. Bien entendu, je ne pense pas qu’il soit la peine d’expliquer les conséquences que le fait de ne pas manger avec ses camarades et de manger à l’écart des copains peuvent avoir. Je comprends complètement la peur des collectivités sur un possible risque de décès. Mais si le PAI est respecté et les mesures sont bien suivies, il est vraiment important de ne pas provoquer un sentiment d’exclusion chez l’enfant allergique, qui déjà ne peut pas manger les mêmes aliments que ses copains, et n’aura jamais la même spontanéité face à l’alimentation que les autres enfants.

Allergie alimentaire : La gestion du risque

Est-il besoin de le préciser, tellement cela nous semble évident… Nous confions le soin de nourrir notre enfant à une autre personne, physique ou morale. Vous confiez non seulement votre enfant, mais aussi la gestion du risque d’ingestion accidentelle d’un allergène. Le problème bien entendu ne sera pas de savoir s’il a bien mangé, s’il a terminé son assiette ou de savoir si son repas était équilibré. Non, le problème sera tous les jours d’avoir peur que notre enfant mange un aliment allergène pour lui. Cette crainte est totalement légitime et le maître mot de votre relation avec la collectivité sera bien sûr la confiance. Si vous n’avez pas confiance, votre enfant le ressentira, la collectivité le ressentira, et les relations entre vous seront très certainement compliquées à gérer au quotidien. Surtout que si vous n’avez pas confiance, vous avez très certainement vos raisons, et peut-être vaut-il mieux essayer de trouver une solution alternative.

Si la confiance est au rendez-vous, alors vous pourrez confier votre enfant sans crainte quotidienne, sans sursaut à chaque fois que le téléphone sonne et en toute sérénité. Pour instaurer cette confiance, il est primordial d’instaurer le PAI au plus tôt et que chaque règle soit claire et respectée, par toutes les parties prenantes.

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